
À Lijiang, certains détails ne sont pas que décoratifs. Ils ont un intérêt fonctionnel, même stratégique. Aussi sur certains toits, on peut apercevoir un chat en céramique. Un "chat de tuile".
Ici, son rôle n’est pas dans l'esthétique.
Selon la croyance Naxi, il protège encore aujourd’hui la maison, repousse les influences néfastes et maintient un équilibre invisible.
Ce qui m’a frappé, ce n’est pas tant l’objet en lui-même, bien que j’attache un intérêt personnel à l’animal. C’est la lecture derrière et sa force dans le quotidien. Car dans beaucoup de cultures, ce qui a le plus de valeur ne se voit pas immédiatement. Et c’est peut-être là que réside un parallèle évident avec notre métier.
Le luxe n’est pas seulement dans ce qui se donne à voir, mais dans la maîtrise de ce qui a été anticipé.
Dans le voyage sur-mesure, le client ne perçoit qu’une chose : la fluidité. Un itinéraire qui semble évident. Naturel. Sans friction.
Mais derrière cette simplicité apparente, il y a tout un travail invisible : sélectionner, anticiper, sécuriser, comprendre des contextes culturels, éviter l’ordinaire.
Comme ce chat sur un toit du Yunnan, en Chine. C’est dans cet invisible que notre métier opère : faire en sorte que rien ne vienne perturber l’expérience de nos voyageurs. Le luxe n’est pas seulement dans ce qui se donne à voir, mais dans la maîtrise de ce qui a été anticipé.
Alexandre Mauron - quelque part sur l’ancienne route du thé et des chevaux
